Une analyse des coûts de la supervision [partie 3]

Cet article clos notre analyse des coûts de la supervision sur un exemple… instructif.

Exemple

Une petite démonstration valant plus qu’un long discours, voici un petit exemple qui je l’espère vous permettra de vous mettre les idées plus au clair. Vous pouvez vous même remplacer les hypothèses prises par les informations réelles de votre entreprise, afin de vous faire un ordre d’idée de ce fameux coût réel de la supervision.

Hypothèse

Nous allons prendre le cas de la DSI d’un grand compte. Cette DSI héberge 2000 serveurs, pour la plupart virtualisés, pour environ 100 applications.

Cette DSI a fait le choix d’une solution de supervision propriétaire, et a mis en place de la supervision et de l’hypervision, ce qui représente un coût important, mais les attentes de ses clients lui demandent tout un tas de garanties qui font qu’elle a préféré s’appuyer sur un éditeur pour avoir une garantie de support.

Elle a aussi fait le choix de mettre en place des scénarios de supervision applicative sur 10 de ses applications critiques, en passant aussi par la solution d’un éditeur.

Les équipes de supervision de cette DSI sont constituées de 5 personnes à temps plein, deux assurant le récurrent, un travaillant sur la partie robots, un responsable de l’équipe qui tient aussi le rôle de pilote de l’amélioration continue et un profil d’architecte qui gère aussi l’hyperviseur.

Les experts quant à eux sont composés de 4 experts réseaux (Deux sites et une DMZ), de 5 experts système (pour supporter les souches unix et windows), et de 4 experts middleware (dont 2 pour oracle, et 2 pour les solutions Web). La DSI n’a pas fait le choix de SAP.

Les applications sont réparties par groupe représentant des clients. 4 équipes gèrent la totalité, et on compte en tout 8 pilotes d’applications.

Le pilotage fait du 3*8 et est composé de 7 personnes, qui ont en charge la gestion des incidents (outils de ticketing) et le suivi de la supervision.

Voilà qui définit le contexte de notre client imaginaire.

Passons maintenant au détail de l’analyse financière.

Coûts de licences

L’entreprise a pris une solution de supervision propriétaire

Coût d’acquisition 100 K€, 20K€ de maintenance par an

Elle a aussi investi dans les solutions d’hypervision de cet éditeur

Coût d’acquisition 250 K€, 50K€ de maintenance par an

Elle a fait l’acquisition de robots pour superviser ses applications critiques

Couts d’acquisition 100K€, maintenance 20 K€ /an

Coûts de l’équipe de supervision

L’équipe est présente toute l’année. Les profils sont trois profils consultants, un profil consultant sénior, un profil chef de projet.

Le coût d’un consultant standard est évalué à 100 K€ par an. Celui d’un architecte et d’un chef de projet à 150 K€.

Coût par an des ressources supervision : 600K€.

Coût des équipes d’exploitation

Sur les 7 ressources affectées au pilotage, 5 d’entre elles ont la supervision comme outil de travail quotidien.

Une ressource de pilotage est estimée à 80 K€ par an.

Coût par an des ressources d’exploitation : 400K€

Coût des infrastructures de supervision

L’infrastructure qui permet de réaliser la supervision est composée de 5 VM hébergeant du Linux ; l’hypervision rajoute une VM supplémentaire. Les robots quand a eux occupent 5 VM différentes.

L’infrastructure globale de supervision occupe donc 11 VMs[1].

Le coût d’hébergement estimé d’une VM est de 1500€/mois[2].

Coût par an de l’infrastructure : 200 K€

Coût de la charge transverse

Les diverses demandes de mise en supervision, les suivis de nouvelles corrections et les évolutions de scénarios suite à des mises à jour entraînent une charge équivalente à un ETP dans les équipes applicatives.

La définition des alarmes, les dérangements suite à alarmes non maîtrisées, le maintien d’un catalogue et les évolutions suite aux évolutions des solutions des éditeurs entraînent un équivalent de charge d’un ETP côté experts système et côté experts middleware.

Soit un coût de 110K€+180K€*2= 470 K€

coût par an de la charge transverse : 470 K€

Bilan

Un simple graphe devrait donc permettre de comprendre ou se situent les coûts réels de la supervision :

cout annee 1

Coût total année 1 : 2,1 M€

Sur la première année, les licences représentent 21% du coût, et les charges humaines 57%.

Dès la seconde année, l’écart s’aggrave :

cout annee 2

Coût total année 2 : 1,7 M€

Le volet humain représente 68% de la charge, alors que celui des licences ne représente plus que 5%.

Un dernier mot pour finir cette section ;

Il est amusant de voir que dans beaucoup d’organisations, les seuls coûts de licences et de ressources supervision seront pris en compte quand on tentera d’évaluer le coût de la supervision.

On aura donc un coût évalué en année 1 de 1,05 M€ et un coût évalué ensuite de 0,69 M€, soit une estimation fausse à chaque fois qui prend en compte à chaque fois moins de la moitié  du coût réel.

Pensez-vous toujours que les licences, si elles sont un levier d’économies, sont réellement le cœur du problème ? Peut être que l’optimisation des ressources en améliorant la qualité de la supervision aura un impact bien supérieur…


[1] Cette infrastructure correspond à ce que j’ai pu voir, au fil des audits, chez plusieurs clients.

[2] J’ai conservé d’un ancien poste une matrice devis qui donnait ce chiffre, en ajoutant les coûts d’hébergement, d’exploitation, de licences et de renouvellement de l’infrastructure.

0 réponses

Répondre

Vous souhaitez vous joindre à la discussion ?
N'hésitez pas !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *